L’ORGUE AU CŒUR DE L’EGLISE

      « La musique, là où le son triomphe de n’avoir pas de sens », disait le poète français Marie Noël. La musique n’est pas un ornement accessoire dans la liturgie, elle en est aussi le lien et la trame, qu’il s’agisse de la voix humaine ou de tous les instruments qui enchantent – au sens premier, qui « font chanter », nos oreilles et nos cœurs.

 

     Parmi ces instruments, l’orgue occupe depuis longtemps dans la liturgie occidentale une place privilégiée. Son ambition, en effet, recoupe très exactement celle de l’Eglise qui célèbre : que l’univers entier soit associé à sa prière. L’orgue se veut un résumé de l’univers et de ses voix, certains imaginent même des voix d’anges… de ses voluptés sourdes à ses tonitruances, ce sont les alizés ou les orages, les océans ou les ruisseaux qui déversent dans la nef de nos églises les voix multiples du monde. Les compositeurs tentent de capturer ces sons innombrables, de les discipliner et on admire chez Bach, par exemple, pareille prouesse de dompteur. Les interprètes sont eux aussi des créateurs, puisque l’improvisation ou des compositions personnelles font souvent partie du récital d'orgue…

 

     On  trouvera ailleurs sur ce site la description des orgues de Châtelet, et du festival annuel organisé autour de lui. Il suffisait ici de rappeler les connivences entre ces sons éclatants et les murmures de la liturgie pour dire la chance que nous avons encore, dans nos contrées, de pouvoir, à de certaines soirées, nous arrêter et nous laisser emporter par la musique universelle.

 

                                                                                Benoît Lobet

                                                                  Prêtre et Professeur de théologie